Présidentielle Française: Une possible résurrection du couple franco-allemand qui inquiète à l'Est

 (Photographie d'illustration)

Paris et Berlin ont écrit ensemble les grandes heures de l'Union européenne. Mais, à l'Est, on craint une forme de marginalisation.

 

Le couple franco-allemand peut-il relancer le projet européen ? A Bruxelles, nombreux sont ceux qui ne cachent pas leur espoir de voir se reformer une relation équilibrée entre Paris et Berlin. Certes, chacun reconnaît qu'il faudrait, pour que le rapprochement attendu entre les deux capitales produise des résultats, que la France se montre enfin exemplaire dans ses réformes économiques. Mais, pour la première fois, on veut y croire : « On va enfin pouvoir arrêter de raser les murs », résume un membre français de la Commission européenne, qui n'en pouvait plus, ces dernières années, de l'asymétrie de plus en plus manifeste entre l'Allemagne et la France.

Mieux vaut pourtant être lucide sur les capacités de ce couple dans une Europe élargie. Comme le résume Michel Barnier, ancien commissaire européen chargé actuellement des négociations du Brexit, celui-ci est « de plus en plus nécessaire mais de moins en moins suffisant ». Pour Zoltan Gyévai, rédacteur en chef du site Internet hongrois BruxInfo, « ces deux pays représentaient, à eux seuls, l'essentiel du spectre politique européen avant l'élargissement, mais ce n'est clairement plus le cas aujourd'hui ».

De fait, c'est bien à l'est du continent que la crainte est la plus palpable devant l'éventuelle résurrection du couple franco-allemand. « En un sens, la domination allemande à l'Est a plutôt été perçue positivement, tandis que la France y reste parfois soupçonnée d'avoir des intentions cachées », explique Zoltan Gyévai. Les propos condescendants de Jacques Chirac sur des pays qui auraient « manqué une bonne occasion de se taire », à l'occasion de la guerre en Irak de 2003, sont encore dans toutes les mémoires. La crainte est de voir Paris pousser Berlin à construire « une sorte de muraille de Chine séparant le coeur de l'Union européenne du reste ». C'est ici le spectre d'une « Europe à plusieurs vitesses », dont la zone euro constituerait le coeur, qui inquiète.

Un effort des deux côtés

Yves Bertoncini, qui dirige l'Institut Jacques Delors, constate la même appréhension. « Les pays d'Europe centrale qui ont été mis à l'écart de l'histoire pendant un moment ont envie de se retrouver au coeur de l'Europe et n'ont aucune intention d'être relégués dans une Europe de seconde zone », résume l'analyste. Il juge que le problème ne pourra être résolu qu'à condition que chacun fasse un effort envers l'autre. A Paris, notamment, de faire preuve de tact et de « ne pas laisser penser qu'il n'y a que l'euro qui compte, ce qui peut se faire en focalisant au début l'énergie sur les sujets plus fédérateurs, relatifs, par exemple, à la sécurité collective ». Aux pays d'Europe centrale de démontrer qu'ils sont aussi capables d'être « force de proposition pour la dynamique collective plutôt qu'un club de refuzniks », ajoute Yves Bertoncini. Ce que le député européen Alain Lamassoure résume ainsi : « Si les Polonais ne supportent pas l'idée d'être relégués en deuxième division, ils n'ont qu'à être candidats pour la première. » -- G, Les Echos | Bureau de Bruxelles

La rédaction Doc Jean-No® - par Gabriel Gresillon | lesechos.fr/monde/europe/...

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