Retrouvez toutes les fournitures scolaires pour la rentrée 2017    ➤  En savoir plus  

Après le décès d’un chauffeur Polonais sur l’A16, un conducteur pris dans un barrage cette nuit-là témoigne

 (Photographie d'illustration)

Le chauffeur d’une fourgonnette a perdu la vie, dans la nuit de lundi à mardi, dans un accident causé par un barrage de sur l’A16. Quelques minutes plus tôt, au même endroit, un habitant du Dunkerquois qui se rendait au travail s’est fait violemment piéger par un barrage. Il raconte.


Lorsqu’il a su qu’une personne avait perdu la vie cette nuit-là sur l’A16, il s’est dit que ça aurait pu être lui. Ce jeune homme, qui veut garder l’anonymat, a précédé de quelques minutes l’accident. Venu du Dunkerquois où il réside, il se rendait à son travail, à Calais. Cette nuit-là, il est 3 h 30 environ. Il roule à 130 km/h quand soudain, il est obligé de ralentir : « J’approchais de la sortie Marck-est quand j’ai vu des camions qui avaient mis leurs warnings, sur la voie de droite. » Comprenant qu’il s’agit d’un barrage posé par des , le conducteur passe sur la voie de gauche.

« Mon seul but, c’était de partir »

Sur le coup, il pense que ce sont les camions qui intéressent les réfugiés et qu’on va le laisser passer : «  Mais là, une trentaine de migrants m’ont foncé dessus et se sont mis à taper sur ma voiture. Ils criaient, ils me faisaient de grands gestes, ils voulaient foutre ma voiture au milieu de la chaussée pour qu’elle serve de barrage. L’un d’eux était blessé à la main, j’ai retrouvé du sang sur mon pare-brise. » C’est l’arrivée d’un poids lourd, derrière lui, qui lui permet de se dégager : « Quand ils l’ont vu, ils ont tous couru derrière. J’en ai profité pour filer rapidement. Mon seul but, c’était de partir, de rouler, d’aller loin d’ici. »

Quelques minutes plus tard, le jeune homme appelle son travail pour prévenir qu’il ne pourra pas assurer sa journée : « Sur le coup, quand on est assailli de partout comme ça, on est mû par l’instinct de survie. Mais quand j’ai commencé à réaliser, je me suis senti tout patraque. »

« Il y a eu une escalade de violence par rapport à l’an dernier. Les mecs sont prêts à mourir, ils se jettent sur les camions »

La nuit précédente, il avait été piégé par un autre barrage au même endroit : deux troncs d’arbre au milieu de l’autoroute cette fois, qu’il avait réussi à contourner. Il a déjà connu ça l’an dernier aussi, du temps de la « jungle » : « Mais pour moi, le contexte a changé. Il y a eu une escalade de violence par rapport à l’an dernier. Les mecs sont prêts à mourir, ils se jettent sur les camions. Ils attrapent ce qu’ils peuvent, il n’y a pas de meneur, c’est du suicide. » Mercredi, il devait être entendu au commissariat de Calais.

La rédaction Doc Jean-No® - Par : Marie Goudeseune | www.lavoixdunord.fr (Photographie d'illustration : Les barrages de nuit sur l’A16 sont la hantise des automobilistes. PHOTO archives JEAN-PIERRE BRUNET )

  Source  ► 


Print Friendly    Imprimer, sauvegarder en PDF, envoyer à un ami ...

Sur : Doc Jean-No

✎ Blogueur pro | « Éditorialiste » Concepteur - Rédacteur web J.N.W. Le Guillou (Direction) | direction.jeannoel.leguillou@docjeanno.fr | Membre 20 Minutes.fr

0 commentaires :

Enregistrer un commentaire

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à Doc Jean-No®.