Crise de migrants : À Calais La justice ordonne des mesures d'aide, malgré l’État

 (Photographie d'illustration)

Nouveau rebondissement dans le dossier des de Calais : le tribunal administratif de Lille a ordonné en référé une batterie de mesures d'aide à cette population, tout en écartant la réouverture sur place d'un centre d'accueil d'urgence.


Sous dix jours, avec une astreinte de 100 euros par jour de retard, le juge de Lille a exigé le 26 juin des autorités la mise en place de plusieurs points d’eau, de sanitaires et de douches afin d'éviter que les 400 à 600 réfugiés errant actuellement dans le Calaisis ne soient exposés à des risques de traitements «inhumains et dégradants».

Cette décision a été saluée par les défenseurs des droits des , tandis que le maire de Calais a annoncé qu'il ferait appel.

Avec cette ordonnance, le juge donne en partie raison aux onze associations qui avaient saisi le juge administratif de Lille le 21 juin pour demander l'arrêt des «entraves» à la distribution de nourriture. Elles s'étaient appuyées sur le dernier rapport du Défenseur des droits qui, le 14 juin, avait dénoncé des atteintes aux droits «d'une inédite gravité».

«En tout état de cause, il n'est pas possible de laisser sans aide aucune des personnes en état de dénuement total – à défaut de pouvoir les faire entrer dans les dispositifs d’aide auxquels ils peuvent légalement prétendre –, en espérant qu’elles finissent par se lasser et par partir d’elles‐mêmes ailleurs», explique le juge dans son ordonnance communiquée à la presse.

Les autorités locales se voient ainsi enjointes de créer, dans des lieux facilement accessibles aux migrants, à l’extérieur du centre de Calais, plusieurs points d’eau leur permettant de boire, de se laver et de laver leurs vêtements, ainsi que des latrines. Le tribunal rappelle aussi l'obligation de laisser les associations continuer à distribuer des repas.

Exigences «inacceptables» selon le maire

En revanche, le juge n'est pas allé jusqu'à exiger la création d'un centre d'hébergement d'urgence fixe sur Calais, car cela ne constitue pas selon lui «la seule solution pour prendre en charge efficacement et dignement les personnes concernées». 

La mise en place d'un tel dispositif avait été balayée par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb qui, en déplacement le 23 juin à Calais, avait argué que cela risquerait de provoquer un appel d'air dans la région, craignant la réapparition d'une «Jungle», en allusion au vaste bidonville démantelé en octobre, opération qui avait entraîné l'évacuation de 7 000 personnes.

Le juge propose plutôt de rediriger les personnes en exil vers le dispositif national d’asile, ailleurs sur le territoire français. Un nouveau plan sur le traitement des demandes d'asile doit d'ailleurs être présenté sous quinze jours, selon Gérard Collomb.

Le maire de Calais Natacha Bouchart (LR) a elle qualifié d'«inacceptables» certaines exigences formulées par la justice administrative. «Considérant que les réponses humanitaires peuvent être apportées en dehors du Calaisis, les élus de la majorité ont unanimement décidé de ne pas mettre en œuvre les mesures imposées sur le plan local par le tribunal administratif et, par conséquent, de faire appel», a déclaré Natacha Bouchart. 

 

 

Par : La rédaction Doc Jean-No® - avec | francais.rt.com/france/ (Photographie d'illustration : )

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