Retour de Thomas Pesquet: «Tous ceux qui sont allés dans l'espace en sont revenus changés», un astronaute l'assure

 (Photographie d'illustration)

ATTERRISSAGE IMMINENT ! Thomas Pesquet revient ce vendredi sur le plancher des vaches. «On» a demandé à l’astronaute Michel Tognini, qui a réalisé deux vols spatiaux, ce qui attend le voyageur pendant et après la grande descente…

 • Thomas Pesquet rentre sur Terre vendredi après 196 jours passés dans l’espace
 • Sa capsule Soyouz doit atterrir au Kazakhstan peu après 16 h
 • Le Français Michel Tognini a déjà vécu deux voyages retour et nous dit ce qui attend son cadet

Le spationaute français Michel Tognini a vécu deux fois le retour sur Terre : en 1992 après un séjour dans la station MIR et 1996 à bord de la navette américaine Columbia. Il a aussi dirigé le centre des astronautes de l’ Agence spatiale européenne (ESA).

Moments critiques, gestion physique et psychologique, On lui a demandé ce qui attend le héros national Thomas Pesquet ce vendredi pendant et après les trois grosses heures de voyage* qui le ramèneront sur le plancher des vaches.

 L'astronaute français Michel Tognini.
L'astronaute français Michel Tognini. - P. Sebirot - ESA

Thomas Pesquet sera copilote sur le vaisseau Soyouz. Quel rôle jouera-t-il pendant le voyage ?

Il aura la fonction d’ingénieur de bord. Il devra d’abord vérifier l’étanchéité du vaisseau puis s’assurer qu’il est bien détaché de la station. Il devra ensuite allumer les moteurs puis vérifier tous les paramètres orbitaux pour rejoindre l’orbite n°1, celle qui permet de se poser au milieu du Kazakhstan. Une fois l’impulsion de la descente donnée, les trois morceaux du module orbital vont se séparer, et la capsule va rentrer seule dans l’atmosphère.

Est-ce que ce sera physiquement plus ou moins dur que le voyage aller ?

Plus dur. Lorsque vous partez vous êtes soumis à 4 G de poussée, environ quatre fois votre poids. Au retour, c’est infiniment plus car vous ne pesez rien dans l’espace.

De retour sur terre, tout est lourd, chaque geste donne l’impression qu’on déplace une montagne

Quels sont les moments les plus critiques du voyage ?

Le moment le plus critique est celui de la séparation des trois modules orbitaux. S’ils ne se séparent pas, un capteur de température va forcer la séparation avant de toucher l’atmosphère mais c’est plus désagréable que prévu car ça les force à rentrer dans l’atmosphère à l’envers, la tête en avant.

La phase de détachement du bouclier thermique est aussi déterminante. S’il ne se détache pas, il empêche les moteurs doux de fonctionner. Ensuite, il y a l’atterrissage lui-même qui est assez violent, avec presque 15 G encaissés en une fraction de seconde.

De retour sur Terre, qu’est-ce qui est le plus dur à gérer, le physique ou le psychologique ?

Les deux. Physiquement, il faut que le corps se réadapte complètement. Tout est lourd, chaque geste donne l’impression qu’on déplace une montagne. Les bras sont lourds, la tête est lourde, c’est très, très dur musculairement pendant les premières heures même quand on a fait du sport. Et surtout, l’oreille interne a complètement oublié les référentiels terrestres donc on n’arrive plus à s’orienter pendant quelques heures.

Et psychologiquement ?

Il a vécu une expérience extraordinaire et a réalisé son rêve d’aller dans l’espace. Tous ceux qui sont allés dans l’espace en sont revenus changés après avoir vu la Terre de haut. Comme tous les astronautes, Thomas Pesquet va devenir l’ambassadeur de la paix sur Terre, de l’écologie et de la protection de la planète.

Est-ce plus compliqué avec les réseaux sociaux de gérer la notoriété ?

Non. Au centre des astronautes européens, à Cologne, il sera quand même protégé par l’ensemble des ingénieurs. On leur laisse le temps d’être tranquilles après leur vol.

Si vous deviez lui donner un conseil ?

De revivre les moments qu’il a vécus, et même de les écrire. Mon conseil plus personnel serait qu’il se remette tout de suite sur les rangs pour refaire un vol dans 5 ou 6 ans, c’est la première idée qui m’est venue quand je me suis posé.

Alors, il n’y a pas de limite d’âge ?

Le plus jeune qui a volé a été Gagarine à 27 ans, John Glenn a volé à 74 ans. A 39 ans, Thomas Pesquet peut encore voler trois fois s’il le veut.

* A suivre en live et gratuitement avec des spécialistes à La Cité de l’Espace et sur 20minutes.fr

La rédaction Doc Jean-No® - Par Helene Menal | www.20minutes.fr/toulouse/... (Photographie d'illustration : Une photo de Thomas Pesquet dans la coupole de l'ISS, prise par son compagnon de voyage russe Oleg Novitskiy — SIPA)

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✎ Blogueur pro | « Éditorialiste » Concepteur - Rédacteur web J.N.W. Le Guillou (Direction) | direction.jeannoel.leguillou@docjeanno.fr | Membre 20 Minutes.fr

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