Grande question: Faut-il permettre aux jeunes parents de transformer leur expérience en diplôme?

 (Photographie d'illustration)

L’annonce de la secrétaire d’Etat en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa, concernant la mise en place d’un « parcours diplômant » pour les jeunes parents, ne fait pas l’unanimité…


Marlène Schiappa va devoir convaincre. Ce jeudi, la secrétaire d’Etat en charge de l’Egalité entre les femmes et les hommes a annoncé lors d’une audition à , travailler à la mise en place d’un dispositif de validation des acquis de l’expérience des jeunes parents. Il s’agirait de transformer cette expérience en un diplôme reconnu par l’Etat, afin de faciliter une rencontre entre « la demande de professionnels qualifiés pour les crèches » et l’« offre de compétences » acquises par de jeunes parents, a précisé la secrétaire d’Etat.

« Un certain nombre de femmes, notamment dans des banlieues ou des zones rurales, ont eu des enfants jeunes, et se retrouvent sans qualification, sans expérience professionnelle à l’âge de 25, 30, 35 ans sur le marché du travail, avec un CV qui est une page blanche, qui n’ont pas de diplôme et qui n’ont comme seul argument dans les entretiens d’embauche que de dire "J’ai élevé mes enfants", ce qui n’est pas jusqu’à présent l’argument le plus efficace pour trouver du travail et je le déplore », a précisé Marlène Schiappa.

Un diplôme à définir

Mathieu Pontécaille, conseiller communication au secrétariat d’Etat en charge de l’Egalité entre les femmes et les hommes, précise que « la mesure concerne les jeunes parents qui sont en fin de congé parental et n’ont aucun diplôme. 97 % sont des femmes mais les hommes peuvent en disposer aussi ». Néanmoins, le diplôme ou la certification qui serait décerné reste encore à définir : « Nous étudions le diplôme ou les diplômes avec l’éducation nationale. Celui-ci permettrait d’accompagner des mères précaires non diplômées, non-qualifiées et qui actuellement passent du congé parental au chômage de longue durée ou à la précarité ». Marlène Schiappa évoquait lors de son audition la possibilité de transformer l’expérience des jeunes parents par exemple en CAP petite enfance.

Le conseiller en communication explique que cette mesure fait partie d’un ensemble, « comprenant des actions sur l’égalité professionnelle, la mixité des métiers… ». Pour lui, il existe « une population très particulière de mères précaires non diplômées, qui a quitté les études avant le bac ou avant le brevet, et qui a passé des années à élever des enfants ». Le secrétariat d’Etat travaillera également sur « des dispositifs permettant d’inciter les pères à prendre un congé parental ».

« Ça part d’un bon sentiment mais… »

Jean-Baptiste Baud, chargé des relations institutionnelles au sein de l’association Familles Rurales, pense que « l’idée est plutôt bonne ». Néanmoins, la qualité de parent ne suffit pas à l’obtention d’une certification professionnelle selon lui : « Nous avons toujours été favorables à la reconnaissance des compétences et de l’expérience. Après, être parent, ce n’est pas la même chose que travailler dans une crèche. Je pense qu’il faudrait un complément de formation, ainsi qu’une concertation avec les professionnels ».

Même son de cloche du côté d’Anne Le Ray, de l’association Aide aux mères et aux familles à domicile, qui estime que « ça part d’un bon sentiment, mais le rôle de mère de famille n’a rien à voir avec celui d’un professionnel ».

« Un discours essentialiste »

Marie Allibert, de l’association Osez le féminisme !, tient un discours beaucoup moins nuancé. Selon elle, « le problème de cette mesure est qu’elle s’adresse soi-disant aux jeunes parents, mais elle ne s’adresse qu’aux femmes en réalité. Il y a l’idée que la femme est par définition une bonne mère, et qu’à ce titre, elle saurait forcément bien s’occuper des enfants ». Marie Allibert dénonce « un discours essentialiste, qui considère que les mères ont forcément développé les qualités et les acquis nécessaires pour s’occuper de jeunes enfants : tu es une femme, donc tu sais bien t’occuper des enfants ». Elle estime également que cette mesure « est dévalorisante pour les vrais professionnels, qui possèdent de réelles qualifications pour exercer par exemple dans les crèches ».

Le secrétariat d’Etat chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes devra apporter des précisions sur le diplôme, ainsi que sur les conditions pour l’obtenir, pour espérer convaincre les nombreux sceptiques.

La rédaction Doc Jean-No® - Par : Martin Guimier | www.20minutes.fr/politique/ (Photographie d'illustration : La secrétaire d'Etat en charge de l'égalité hommes-femmes Marlène Schiappa / AFP PHOTO / STEPHANE DE SAKUTIN — AFP)

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Sur : Doc Jean-No

✎ Blogueur pro | « Éditorialiste » Concepteur - Rédacteur web J.N.W. Le Guillou (Direction) | direction.jeannoel.leguillou@docjeanno.fr | Membre 20 Minutes.fr

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