Marine Le Pen fait sa rentrée et s’apprête à lancer le chantier de la refondation du FN «le macronisme, c'est le salarié jetable»

Photographie d'illustration

La présidente du Front national était l’invitée du « 20 Heures » de TF1, jeudi. Elle fera son discours de rentrée à Brachay (Haute-Marne), samedi, avant une tournée de « refondation ».


C'est une new look, avec des lunettes et un air apaisé, qui a fait sa rentrée politique jeudi soir, au JT de . L'ex-candidate à l'élection présidentielle souhaite faire oublier son débat raté de l'entre-deux-tours afin de réaffirmer son statut de chef du FN et de première opposante à .

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Depuis sa dernière apparition à la télévision, le 20 juillet sur , la popularité de son adversaire du second tour devenu président a fortement pâli. Jean-Luc Mélenchon, chef de La France insoumise, s'attache à incarner le rôle d'opposant numéro un tandis que Laurent Wauquiez est en pole position pour la présidence des Républicains, en décembre.

Marine Le Pen, elle, ne s'était pas exprimée publiquement : la présidente du FN a pris de longues vacances après une éprouvante année électorale où elle a calé au second tour de la présidentielle (33,9 %), puis devenir députée du Pas-de-Calais avec six autres frontistes et Emmanuelle Ménard. «  Certains sont en marche, nous, on est en panne  », concède, doux-amer, un haut responsable frontiste.

Sur TF1 jeudi soir, elle a défendu le «  travail remarquable  » des députés FN face à «  l'agitation  » de Jean-Luc Mélenchon, qualifié d'«  opposant officiel et idiot utile de la première partie du quinquennat  » par un député FN. Elle a aussi dit vouloir «  expliquer  » aux Français dans les prochains mois la politique néfaste, selon elle, d'Emmanuel Macron.

Mais le front est au moins autant interne que national : la prestation «  ratée  », de son propre aveu, durant le débat d'entre-deux-tours le 3 mai, a fait office d'électrochoc parmi ses troupes. «  La question est de savoir si ce débat est indélébile ou si Marine Le Pen peut rebondir  », s'interroge un de ses lieutenants. À voix haute, pourtant, aucun frontiste n'émet de doute. Robert Ménard, maire de Béziers et allié critique du parti, est le seul à avoir évoqué ce sujet «  tabou  », fin août, dans une lettre ouverte : «  Est-elle aujourd'hui en position de porter le FN au pouvoir ?  »

Florian Philippot, vice-président du parti, est toujours officiellement rangé derrière Marine Le Pen. Mais le lancement en mai de son association, Les Patriotes, critiqué, y compris par Marine Le Pen, a été vu comme une tentative d'autonomisation, tout comme le soutien sans faille qu'il a apporté à sa lieutenante Sophie Montel, évincée de la tête du groupe FN en région Bourgogne-Franche-Comté. Conséquence : des relations distendues entre celui qui était considéré comme le numéro deux et la patronne du parti. «  Confiance rompue  », affirment deux sources. «  Rafraîchissement passager  », tempère une autre.

Lundi, lors d'une réunion interne, Marine Le Pen s'est interrogée auprès de Florian Philippot sur la compatibilité entre la présidence des Patriotes et sa vice-présidence du , mais celui-ci n'y a pas vu de problème, ont indiqué deux frontistes à l'Agence France-Presse, confirmant partiellement une information de L'Opinion. Fait rare, Florian Philippot était, au même moment que Mme Le Pen sur TF1, sur LCI, défendant son «  travail  » face à ceux qui «  cancanent  ».

Pour rasseoir sa légitimité, la députée du Pas-de-Calais a ouvert fin juillet le chantier de la «  refondation  » avec un séminaire qui a modulé, via une synthèse, le programme FN: la sortie de l'euro, qui crispe nombre de frontistes, mais aussi l'électorat retraité, est désormais renvoyée à la fin d'un éventuel quinquennat.

Samedi, Brachay, minuscule village de Haute-Marne qui accorde au depuis plusieurs années une écrasante majorité de ses suffrages et où Marine Le Pen fait sa rentrée depuis 2014, sera le théâtre de la première de douze étapes d'une tournée de «  refondation  », qui la verra ensuite s'arrêter à Toulouse le 23 septembre. Objectif : échanger avec les militants, qui seront sondés par questionnaire à partir de la fin du mois. Avant un congrès, en mars à Lille, où celle qui dirige le FN depuis 2011 devrait être candidate à sa succession. Alors que Marion Maréchal-Le Pen est en retraite politique temporaire, le même lieutenant concède, un brin fataliste : «  Aujourd'hui, Marine Le Pen est la seule à pouvoir diriger le Front pour les prochaines années.  »

Par : La rédaction Doc Jean-No® - avec | lepoint.fr/politique/ (Photographie d'illustration : Archives )

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