(Vidéo). Catalogne: Au lendemain du référendum, le fossé se creuse encore plus entre Madrid et les séparatistes...

Photographie d'illustration

ESPAGNE ! Le dirigeant catalan a affirmé dimanche que les habitants de sa région avaient gagné « le droit d’avoir un Etat indépendant qui prenne la forme d’une République »...



  • Le référendum, interdit par Madrid, a été marqué par des violences policières.
  • Le oui à un « Etat indépendant sous forme de République » l’a emporté à 90 % selon le gouvernement catalan.
  • Ses dirigeants sont visés par une enquête pénale pour « désobéissance, prévarication et détournement de fonds publics ».

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Avant même le vote, Carles Puigdemont avait assuré qu’en cas de victoire du « oui », il déclarerait l’indépendance de la Catalogne, région stratégique au cœur de l’Europe représentant 19 % du PIB espagnol, dont il est à la tête depuis début 2016.

Au lendemain d’un référendum marqué par des violences policières, où le oui à un « Etat indépendant sous forme de République » l’a emporté à 90 % selon l’exécutif catalan, avec 2,26 millions de voix et un taux de participation de 42,3 %, le fossé semblait se creuser encore un peu plus entre Madrid et les dirigeants séparatistes de cette puissante région d’Espagne.

Carles Puigdemont a affirmé dimanche que les habitants de sa région avaient gagné « le droit d’avoir un Etat indépendant qui prenne la forme d’une République », séparé de la monarchie espagnole, après cette consultation jugée illégale par la justice et que Madrid a tenté d’empêcher. Par ailleurs, 44 organisations - dont les principaux syndicats catalans et deux associations indépendantistes - ont appelé à une journée de grève générale et de mobilisations mardi en Catalogne.

Le gouvernement dénonce « une simple mise en scène »

L’annonce des résultats a été accueillie par des « hourras » et des pétards dans le centre de Barcelone où quelques milliers de séparatistes s’étaient rassemblés. En face, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a lui estimé qu’il n’y avait « pas eu de référendum d’autodétermination en Catalogne » et que cette consultation n’a été qu’une « une simple mise en scène ».

Sans le nommer, Mariano Rajoy a désigné Carles Puigdemont comme l’un des responsables des événements de la journée, estimant qu’il avait promu « la violation de la loi et la rupture du vivre-ensemble ». « Ne cherchez pas d’autres coupables, il n’y en a pas ».

Les dirigeants catalans visés par une enquête pénale

Et les sanctions judiciaires pourraient tomber. Carles Puigdemont et l’ensemble de l’exécutif catalan sont déjà visés par une enquête pénale pour « désobéissance, prévarication et détournement de fonds publics », en lien avec l’organisation du référendum.

Le 25 septembre, le procureur général espagnol avait suggéré que l’arrestation de Carles Puigdemont restait une possibilité, même si elle n’était pas envisagée dans l’immédiat. Et certains ont appelé à l’utilisation par Madrid de l’article 155 de la Constitution qui lui permet de suspendre l’autonomie de la Catalogne. Cette confrontation politique est considérée en Espagne comme la pire crise politique vécue par le pays depuis le Coup d’Etat militaire avorté de 1981.

Les unités anti-émeutes ont chargé la foule

Dimanche, les images d’intervention musclée des forces de l’ordre contre des Catalans qui refusaient d’évacuer les centres de vote ou qui manifestaient ont fait le tour des réseaux sociaux et des chaînes de télévision. Déployées en masse par le pouvoir central afin d’empêcher la tenue du référendum, elles sont parfois intervenues à coups de matraque et de balles de caoutchouc.

Par endroits, les unités anti-émeutes ont chargé la foule massée autour des bureaux de vote. Des personnes âgées, mais aussi des pompiers proches des indépendantistes ont été bousculés. En signe de protestation, le FC Barcelone a joué dimanche à huis clos.

« Dans ce pays, pendant de nombreuses années, on a vécu sous le franquisme [dictature entre 1939 et 1975], les gens ne pouvaient pas voter et c’est un droit que nous devons défendre », a affirmé le défenseur Gerard Piqué, qui a éclaté en sanglots après le match.

Deux personnes grièvement blessées

Selon le gouvernement régional, les charges policières ont amené 844 personnes à solliciter une assistance médicale. Deux ont été blessées grièvement : un homme de 70 ans victime d’un infarctus et un blessé à l’œil. Le ministère de l’Intérieur a de son côté annoncé qu’au moins 33 policiers avaient été blessés, certains ayant essuyé des jets de pierre. Les forces de sécurité sont intervenues dans au moins 92 bureaux de vote pour saisir le matériel électoral.

Malgré ces interventions, de nombreux Catalans ont voté à Barcelone et ailleurs, attendant parfois longtemps pour voter, et formant de longues queues devant les bureaux de vote.

L’indépendantisme n’a cessé de grandir en Catalogne depuis le début des années 2010, alimenté par la crise économique et l’annulation partielle d’un statut qui conférait à la région de très larges compétences.

➤➤ A lire aussi : (Vidéo). Référendum en catalogne: la Guardia Civil bat en retraite sous les projectiles de la foule à Tarragone

Par : La rédaction Doc Jean-No® - avec 20 Minutes & AFP | 20minutes.fr (Photographie d'illustration : Le dirigeant catalan Carles Puigdemont à Sant Julia de Ramis, le 1er octobre 2017. — LLUIS GENE / AFP)

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Sur : Doc Jean-No

✎ Blogueur pro | « Éditorialiste » Concepteur - Rédacteur web J.N.W. Le Guillou (Direction) | direction.jeannoel.leguillou@docjeanno.fr | Membre 20 Minutes.fr

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