Poitiers, occupation de la mosquée : cinq membres de Génération identitaire condamnés

Photographie d'illustration

En 2012, des membres de Génération identitaire avaient occupé le chantier d'une mosquée à Poitiers. Quatre d'entre eux, poursuivis pour provocation à la haine raciale et dégradation de biens, ont écopé d'un an de prison avec sursis.


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Cinq militants du mouvement Génération identitaire, âgés de 27 à 30 ans, ont été condamnés à un an de prison avec sursis le 7 décembre pour la spectaculaire occupation en 2012 de la mosquée de Poitiers (Vienne).

Quatre d'entre eux, poursuivis pour provocation à la haine raciale ou religieuse et dégradation de biens appartenant à autrui, sont également mis à l'épreuve pendant deux ans avec l'obligation d’indemniser les victimes, principalement des associations de musulmans. Ils sont également privés de l'ensemble de leurs droits civiques et de famille pendant cinq ans. 

Benoît Vardon, lui, n'a été «condamné que pour la seule complicité du délit de provocation à la haine raciale» : il est privé de certains droits, comme celui d'éligibilité durant cinq ans. L'association Génération identitaire, coupable de «dégradations volontaires commises en réunion», a quant à elle écopé d'une amende de 10 000 euros. 

Le tribunal correctionnel de Poitiers, qui a pris en compte «la gravité des infractions» et l'absence ou quasi-absence d'antécédents judiciaires, a suivi les réquisitions du ministère public, excepté pour Benoît Vardon.

Un seul prévenu était présent au procès, où Génération identitaire, jugée en tant que personne morale, était représentée par son président Arnaud Martin. Ils ont choisi de garder le silence à l'exception d'un texte lu au début du procès, justifiant l'action de 2012 pour «réclamer un référendum sur la question de l'immigration en France».

«Gaulois, réveille-toi, pas de mosquée chez toi !»

Dans son jugement, le tribunal a également pris en compte l'attitude des prévenus ou leurs conseils qui «ont semblé traiter avec une certaine dérision le délit de dégradations volontaires commises en réunion».

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Le 20 octobre 2012 au petit matin, 73 militants de Génération identitaire avaient investi le chantier d’une mosquée en construction à Poitiers, sous l'œil de caméras de télévision, déjà présentes à l'arrivée des policiers.

«Gaulois, réveille-toi, pas de mosquée chez toi !», «Souviens-toi, Charles Martel !», «Poitiers, nous sommes les héritiers !» avaient-ils scandé, évoquant à de nombreuses reprises Charles Martel ayant repoussé les armées du califat omeyyade. 

Le recteur de la mosquée de Poitiers, Boubaker El hadj Amor, a quant à lui déclaré : «Le jugement et ses motivations expliquent bien qu'on ne peut pas donner un chèque en blanc à des racistes. Il fallait cela pour donner un coup de frein à ces agissements. Le jugement explique bien que l'on peut faire référence à Charles Martel et à la Bataille de Poitiers, mais pas n'importe comment, ni en tenant n'importe quels propos.»

Par : La rédaction Doc Jean-No® - avec | rt (Photographie d'illustration : Archives )

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