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Migrants : Merkel sous la menace de son droitier ministre de l’Intérieur

Photographie d'illustration


Les dissensions de plus en plus fortes au sein du gouvernement sur le dossier migratoire font craindre une possible explosion de la coalition.

Une session au Bundestag interrompue pendant des heures jeudi, des partis se concertant chacun de leur côté afin de trouver un impossible compromis sur un sujet explosif : les migrants. S’il fallait une image pour décrire la cacophonie politique en Allemagne, la voici. Comme un énième avatar d’une coalition gouvernementale formée dans la douleur et qui montre chaque jour un peu plus ses fragilités. Le duel du moment met de nouveau en scène Angela Merkel et son ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer.

Ce dernier, par ailleurs président de la CSU, la branche bavaroise de la CDU, devait présenter mardi un plan sur la politique migratoire. Parmi les mesures proposées, le refoulement à la frontière de tout demandeur d’asile ne disposant pas de papiers. De quoi répondre à la «fermeté» que prône la CSU, en droite ligne avec celle défendue par le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, avec qui Seehofer s’est entretenu mercredi à Berlin. La chancelière s’oppose au projet de Seehofer et son parti, la CDU, est majoritairement derrière elle. Elle défend une approche plus souple du règlement Dublin III, selon lequel le pays dans lequel a été formulée la demande d’asile est également chargé de son instruction et de la décision finale. Angela Merkel souhaite attendre le prochain sommet européen, qui se tiendra fin juin, pour évoquer ces questions et par exemple évoquer la possibilité de négocier des accords bilatéraux de refoulement avec certains pays membres. Mercredi, elle a prévenu que la question des migrants constituait un «test décisif» pour l’avenir de l’UE.

Face à l’opposition de Angela Merkel, Seehofer a reporté sine die la présentation de son plan. Mais il menace d’agir par décision ministérielle. Cela provoquerait une crise inédite au gouvernement - alors que la coalition est présentée par beaucoup d’analystes comme un fruit pourri prêt à tomber de l’arbre.

Qu’elle semble loin l’époque du «Wir schaffen das», «nous y arriverons», lorsque la chancelière, en 2015, enjoignait ses compatriotes à accueillir les réfugiés sur les quais des gares. Elle a disparu, piétinée par une extrême droite en forme olympique. Ajoutons une CSU qui flirte chaque jour un peu plus avec la xénophobie afin de draguer ses électeurs, dans la perspective d’élections cruciales en Bavière le 14 octobre. En face, les sociaux-démocrates du SPD soutiennent Angela Merkell. Mais ils sont inaudibles, pétrifiés par leur score catastrophique aux législatives de 2017. Tout juste retiendra-t-on ce commentaire de l’austère vice-chancelier Olaf Scholz : «La tâche de gouverner notre pays n’est pas un épisode de Game of Thrones, mais une affaire sérieuse.»

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Ce psychodrame parlementaire s’est achevé jeudi sans l’ombre d’une solution. Seehofer campe sur ses positions. La direction de la CSU doit se réunir lundi ; de nouvelles discussions vont suivre. Angela Angela Merkel pourrait obtenir un sursis jusqu’au sommet européen, mais cela ne changerait rien à l’affaire. Après, il est fort possible qu’elle doive se résoudre à donner raison à son ministre, considérant qu’elle a tout tenté et que cette concession est préférable à une dislocation du gouvernement. Angela Merkel peut également limoger Seehofer, mais il lui faudrait aussi démissionner les autres ministres CSU et cela rebattrait toutes les cartes. Autre option, faire entrer d’autres partenaires dans la coalition. Ce serait alors le retour des discussions avec les Verts ou les libéraux du FDP. Sachant que sur la question migratoire, le programme du FDP épouse une ligne plus seehoferienne que merkelienne… De son côté, le coprésident des Verts, Robert Habeck, a lâché : «Nous sommes fondamentalement prêts à assumer des responsabilités.»

Fantasme

Ajoutant à la confusion, des médias allemands se sont échauffés vendredi en relayant un canular du magazine satirique Titanic annonçant que l’union entre la CDU et CSU était rompue. La (fausse) nouvelle a même fait chuter le DAX d’un demi-point… Il faut dire que ce scénario ne semble plus si improbable. Mais dans les faits, la CSU pourrait perdre beaucoup à rompre avec la CDU.

Fragilisée comme jamais, la chancelière reste cependant populaire. Le tabloïd Bild évoque l’éventualité d’une «question de confiance» soumise aux députés. Si Merkel n’obtenait pas cette confiance, le Bundestag pourrait alors être dissous et de nouvelles élections organisées. Cela demeure pour l’instant un   [...]

 

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✎ Blogueur « Éditorialiste » Concepteur - Rédacteur web J.N.W. Le Guillou (Direction) | direction.jeannoel.leguillou@docjeanno.fr | Membre 20 Minutes.fr