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Confinement - Paul Serey : « Tout est prétexte à plus de contrôle, plus de soumission ! »

Photographie d'illustration


Paul Serey est écrivain, auteur du Carrousel des ombres, publié en 2019. Il se confie à Boulevard Voltaire.


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Par : Paul Serey - Ecrivain - www.bvoltaire.fr

Comment un écrivain devrait vivre le confinement ?

Je commencerai par une question : qui sont les écrivains ? Où sont-ils ? À part Pierre Mari et deux trois autres, je me demande bien qui serait capable de décrire quoi que ce soit, et d’autant moins cette période extraordinaire que nous traversons. Je suppose que vous entendez par « vivre » le fait de percevoir, de sentir, d’analyser, autrement dit renifler l’air du temps et en faire une œuvre. Si vous entendez par « vivre » se comporter de telle ou telle manière, alors je vous répondrai que l’isolement est de tout temps ce que doit rechercher l’écrivain. Mais ce n’est pas tout à fait exact. Ce n’est pas seulement le fait de s’isoler qui est le fondement de l’écriture. L’écriture est un exil, une solitude. Ce n’est pas un « confinement ». L’écrivain est avant tout le médiateur de la réalité. Il doit la percevoir, d’une façon ou d’une autre, et en faire son miel. Cette réalité est de deux ordres : de l’ordre du sentiment et de l’ordre de l’analyse ou de la description réaliste des choses. Et ces deux ordres sont mêlés par la chimie de l’écriture. Je sens ce que je vois et je vois ce que je sens.

L’écrivain ne peut être indifférent à cette épreuve que nous vivons. Il est une éponge, qui aspire et, potentiellement, régurgite cette eau aux couleurs inquiétantes qui semble filtrer de partout. Il me semble que c’est bien l’inquiétude, l’intranquillité, qui sont à décrire ou narrer, de quelque façon que l’on s’y prenne. Il y a ce sentiment qui nous prend tous, sentiment mêlé de peur et d’angoisse, que chacun manifeste à sa façon, selon son tempérament et son degré d’imprégnation, ou d’infestation, pourrait-on dire. Pour l’instant, j’ai l’impression que c’est l’atmosphère générale qui est contaminée par la maladie, plus que les gens. Plusieurs fois, y compris dans des périodes relativement récentes, la mort s’est insidieusement et massivement emparée des corps sans pour autant créer de psychose ni de panique. C’est notre époque qui est malade. Voilà ce que l’écrivain doit décrire. C’est sa responsabilité.


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Est-ce que notre société est armée pour répondre à cette crise sanitaire ?

Je viens en quelque sorte d’anticiper votre question. L’époque est malade. La société est malade. Ce n’est pas qu’elle n’est pas prête, c’est qu’elle est déjà, avant qu’elle ne soit frappée de mort physique, morte spirituellement. Pourquoi cela ? Parce qu’on a enlevé son humanité à l’homme. L’homme ne sait plus ce que c’est que d’être humain, pleinement. La mégamachine, le système technologique, lui a enlevé son autonomie. La mégamachine, le système technologique, s’est emparé des corps et des âmes. C’est Le Meilleur des mondes. Un monde ou quelqu’un joue votre partie d’échecs dans votre dos, à votre place. Un être sans âme, une machine déplace les pions pour vous. C’est si agréable d’être ainsi remplacé, quand la partie est difficile, l’adversaire coriace. On se laisse aller. On s’abandonne à cette main invisible. Cette machine, la mégamachine, le système technologique, vous a enlevé le sens même de la vie, votre autonomie. Cette chose est partout, des centrales nucléaires à votre smartphone, de votre « éducation » à l’« accompagnement » de votre mort, qui supplée à votre humanité manquante.

Être homme, c’est avant tout avoir la maîtrise de sa vie. Les chasseurs-cueilleurs étaient pleinement hommes. Leur travail, bien que pénible, les satisfaisait, au sens étymologique du mot (satis = assez, facere = faire). Ils pouvaient trouver le repos du corps et de l’âme leur journée de labeur achevée. Mais nous, comment pourrions-nous trouver le repos alors que ce qu’on nous fait faire n’a plus de sens ? Perte du   LIRE L'ARTICLE COMPLET

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